Nom anglais : The Slippery Slope.
Traduction littérale du nom anglais : La pente glissante.
Maison française d'édition : Nathan.
Année anglaise d'édition : 2002.
Année française d'édition : 2005.
Nombre de pages : 254.
Format : 140 x 20 x 220 mm.
Prix : 13 euros.
quatrième de couverture :
Cher lecteur,
hormis les patinoires et les pistes de ski, les choses glissantes sont rarement très
plaisantes - anguilles ou escaliers cirés ou certaines mains que la politesse oblige à
serrer. Hélas pour eux, dans le présent volume, les enfants Baudelaire se retrouvent en
terrain très glissant, expression signifiant ici qu'ils vont risquer le dérapage,
expression signifiant ici qu'ils vont s'aventurer sur une pente savonneuse, expression
signifiant ici qu'ils vont être affreusement tentés de jouer avec le feu. Mais d'autres
horreurs que la sortie de piste guettent le trio dans cet épisode : moucherons féroces
et cavernes malfamées, sinistres visiteurs et messages sibyllins, aubergine géante et
piège perfide, sans parler d'une vraie débâcle, ni de l'apparition d'un revenant qui
n'est même pas un fantôme. De mon côté, j'ai tout sacrifié pour enquêter sur les
désastres en cascade qui sont le lot de ces orphelins. Mais rien ne t'oblige, ô lecteur,
à me suivre sur cette pente, et tu serais bien avisé de laisser ce livre navrant te
glisser des mains séance tenante.
Avec mes sentiments respectueux,
Lemony Snicket
Nom anglais : The Grim Grotto.
Traduction littérale du nom anglais : La grotte sombre
Maison française d'édition : Nathan.
Année anglaise d'édition : 2004.
Année française d'édition : 2005.
Nombre de pages : 352 en langue anglaise
Format : 140 x 20 x 220 mm.
Prix : 13 euros.
C'est alors que, soudain, un oeil de plus surgit, lui aussi ruisselant, comme clignant des paupières, droit devant le radeau-luge. Apremière vue, on autait dit l'oeil de quelque odieux monstre marin comme on n'en voit qu'en mythologie ou dans certains parcs de loisirs auqatiques.
Mais vu de plus près -ce qui fut très vite le cas-, il se révéla fait de métal et de verre, et perché sur un long pédoncule d'acier qui s'incurvait au sommet, comme pour mieux observer les enfants.
Il est assez rare de voir un oeil émerger des remous d'une rivière et cependant, pour les orphelins Baudelaire, celui-ci avait quelque chose d'extrêmement familier. Cet oeil, ils l'avaient vu bien des fois -ou si ce n'était lui, c'était son frère- depuis leur premier face-à-face avec la cheville tatouée du comte Olaf.
Cet oeil était un emblême, en symbole, en même temps qu'une sorte d'insigne. Lorsqu'on le regardait d'une certaine façon, on y devinait trois lettres, trois mystérieuses initiales.
- Védécé ! cria Prunille tandis que le radeau-luge continuait de s'en approcher.
- Hé ! mais c'est quoi ? dit Klaus.
- Un périscope ! s'écria Violette. Un de ces engis dont se servent les sous-marins pour regarder à la surface !
- Quoi ?! Tu crois qu'il y a un sous-marin au-dessous de nous ?
Violette n'eut pas à répondre. L'oeil continuait de s'élever et les trois enfants, très vite, purent constater que le pédoncule était riveté sur une énorme surface métallique, en grande partie submergée. La luge flottante s'approcha jusqu'à le toucer presque puis s'arrêta - comme n'importe quel radeau s'arrête lorsqu'il vient de s'échouer sur un gros rocher.
- Regardez ! cria Violette par-dessus le gargouillis des remous, tout en indiquant une trappe à l'aplomb du périscope. Regardez ! Une écoutille ! Essayons de frapper. Peut-être que quelqu'un va répondre ?
- Sauf qu'on n'a aucune idée de qui peut bien être à l'intérieur, dit Klaus.
- Fôtenté ! cria Prunille de sa petite voix pointue ; autrement dit : " C'est notre seule chance de sortir de ces eaux en un seul morceau ! "
Et elle se pencha tant qu'elle put pour frapper à grands coups de dents sur le panneau metallique. Ses aînés l'imitèrent, quoique plutôt à coups de poings.
- Ohé ! cria Violette.
- Ohé ! cria Klaus.
- Shalom ! hurla Prunille.
Par-dessus le bouillonnement de l'eau, les enfants perçurent un son étouffé en provenance de l'intérieur. C'était une voix humaine, aussi grave et nimbée d'échos que si elle remontait d'un puits.
- Ami ou ennemi ? disait la voix.
Les enfants se consultèrent du regard. Ils savaient - comme vous et moi - que la question " Ami ou ennemi ? " est traditionnellement posée à tout visiteur se présentant aux portes d'un lieu important, palais impérial ou magasin de chaussures farouchement gardé, et que l'arrivant doit s'identifier en tant qu'allié ou adversaire de ceux qui sont à l'intérieur. Mais les
jeunes Baudelaire étaient bien en peine de répondre, pour la bonne et simple raison qu'ils ignoraient qui se trouvait à l'intérieur.
- Qu'est-ce qu'on répond ? demanda Violette, baissant la voix. Cet oeil pourrait signifier que le sous-marin appartient à Olaf, auquel cas nous sommes ennemis.
- Mais il pourrait signifier aussi que le sous-marin appartient aux gens de V.D.C., auquel cas nous sommes amis.
- Vidan ! trancha Prunille ; autrement dit : "Si on veut entrer, il n'y a pas trente-six réponses." Et, se penchant au-dessus de l'écoutille, elle lança haut et clair : "Amis !"
Il y eut un silence, puis la voix résonnante reprit :
- Mot de passe, s'il vous plaît.
A nouveau, les trois jeunes Baudelaire échangèrent des regards. Un mot de passe, il va de soi, consiste en un ou plusieurs mots qu'il faut impérativement prononcer pour obtenir une information ou pénétrer dans un lieu secret, or les enfants, il va de soi, n'avaient aucune idée du mot de passe exigé. Durant un moment, aucun d'eux ne dit rien, chacun s'efforçant de
réfléchir. Les trois enfants auraient mieux aimé pouvoir réfléchir dans le calme, sans être en permanence dérangés par les glouglous du courant ni par la toux des poissons ; ils auraient mieux aimé, beaucoup mieux, au lieu de flotter à la dérive sur un radeau précaire au beau milieu de la Frappée, se trouver dans un endroit tranquille comme la bibliothèque Baudelaire,
par exemple, où ils auraient pu, dans le silence, rechercher quel pouvait bien être ce mot de passe.
Mais si tous trois, chacun de son côté, rêvaient à la bibliothèque familiale, c'est Violette qui, de fil en aiguille, songea à une autre bibliothèque : celle du Q.G. dévasté, au creux du Val des Douze Courants d'air. En pensée, elle revit soudain l'arche de fer forgé, la devise gravée dans le métal. Elle regarda ses cadets, prit une grande aspiration et se pencha vers
l'écoutille pour prononcer les mots qui, peut-être, allaient assurer leur sécurité à tous trois.
- Ici le monde est paisible, articula Violette d'une voix claire.
Il y eut un temps mort, puis, avec un interminable grincement métallique, l'écoutille s'ouvrit tout grand et les trois enfants se retrouvèrent face à un puits sombre, dont émergeait le haut d'une échelle plaquée le long de la paroi.
Le titre est la couverture sont encore inconnus. Pour plus d'informations, voir la partie du forum qui y est consacré : ici.